{"id":156,"date":"2025-03-16T17:44:46","date_gmt":"2025-03-16T21:44:46","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cssk.ca\/new\/?page_id=156"},"modified":"2025-03-16T17:44:46","modified_gmt":"2025-03-16T21:44:46","slug":"the-history-of-czechs-and-slovaks-in-canada","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.cssk.ca\/fr\/our-community\/the-history-of-czechs-and-slovaks-in-canada\/","title":{"rendered":"Histoire des Tch\u00e8ques et des Slovaques au Canada"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-weight: 400;\">Personne ne sait exactement qui fut le premier Tch\u00e8que \u00e0 poser le pied sur le sol du Canada actuel. Les liens entre les terres tch\u00e8ques et le Canada remontent \u00e0 loin. Dans ce contexte, on rappelle souvent la figure du prince Rupert du Palatinat, n\u00e9 le 17 d\u00e9cembre 1619 \u00e0 Prague, qui, \u00e0 partir de 1661, participa \u00e0 la conqu\u00eate du Canada en tant que premier gouverneur de la Compagnie de la Baie d\u2019Hudson. Au XVIIIe si\u00e8cle, des Fr\u00e8res moraves \u00e9taient actifs au Canada, mais ce n\u2019est que dans le dernier tiers du XIXe si\u00e8cle que les \u00e9migrants tch\u00e8ques commenc\u00e8rent \u00e0 arriver au Canada en nombre important, en m\u00eame temps que d\u2019autres \u00e9migrants de l\u2019Empire austro-hongrois. Parmi eux figuraient quatre fermiers tch\u00e8ques (Junek, Pangr\u00e1c, Dole\u017eal et Skokan), qui s\u2019install\u00e8rent en 1884 en Saskatchewan et fond\u00e8rent la colonie de Kol\u00edn pr\u00e8s de la ville d\u2019Esterhazy, nomm\u00e9e d\u2019apr\u00e8s le propri\u00e9taire de la premi\u00e8re Compagnie hongro-am\u00e9ricaine de colonisation, qui facilitait l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re pour les \u00e9migrants.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Nous ne disposons pas de donn\u00e9es pr\u00e9cises sur la premi\u00e8re vague d\u2019\u00e9migration depuis les terres tch\u00e8ques, qui s\u2019acheva en 1914, car les statistiques de l\u2019\u00e9poque ne notaient que la nationalit\u00e9 des immigrants et non leur appartenance ethnique. Ce n\u2019est qu\u2019avec le recensement de la population du Canada apr\u00e8s la Premi\u00e8re Guerre mondiale, en 1920, alors que la Tch\u00e9coslovaquie ind\u00e9pendante existait d\u00e9j\u00e0, qu\u2019il fut \u00e9tabli que 8 840 Tch\u00e8ques et Slovaques vivaient au Canada. Les deux groupes ethniques s\u2019\u00e9tablissaient principalement \u00e0 Montr\u00e9al, Toronto et Winnipeg. Parmi les immigrants, les professions ouvri\u00e8res et artisanales dominaient, mais il y avait aussi des agriculteurs, qui se regroupaient dans des colonies rurales, notamment en Alberta (l\u2019une d\u2019entre elles porte le nom de Prague), en Colombie-Britannique et en Ontario. L\u2019afflux d\u2019\u00e9migrants tch\u00e9coslovaques vers le Canada dans les ann\u00e9es 1920 augmentait rapidement d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e \u2013 en 1922, 110 personnes arriv\u00e8rent au Canada, en 1928, elles \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 8 184, soit plus de la moiti\u00e9 des \u00e9migrants tch\u00e9coslovaques vers l\u2019\u00e9tranger \u00e0 cette \u00e9poque. Dans les ann\u00e9es 1930, en raison de la crise \u00e9conomique, l\u2019afflux d\u2019\u00e9migrants tch\u00e8ques diminua, et certains retourn\u00e8rent m\u00eame dans leur pays d\u2019origine. Pourtant, juste avant le d\u00e9clenchement de la Seconde Guerre mondiale, plus de 40 000 compatriotes (y compris les Carpato-Ruth\u00e8nes) vivaient au Canada, dont la majorit\u00e9 \u00e9taient Slovaques (26 000, soit presque 65 %). Ces chiffres correspondent approximativement \u00e0 l\u2019estimation du Dr Hn\u00edzdo, employ\u00e9 du consulat g\u00e9n\u00e9ral tch\u00e9coslovaque \u00e0 Montr\u00e9al, qui estimait, au 15 mai 1937, que 35 000 Tch\u00e9coslovaques vivaient au Canada, dont 1\/5 \u00e9taient des Tch\u00e8ques, 3\/5 des Slovaques et le reste des Allemands, Hongrois, Polonais, Juifs et Ruth\u00e8nes des Carpates.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Les premi\u00e8res associations de compatriotes furent cr\u00e9\u00e9es autour des \u00e9glises et avaient un caract\u00e8re confessionnel. La plus ancienne organisation la\u00efque \u00e9tait le club de gymnastique Sokol, fond\u00e9 par des mineurs tch\u00e8ques \u00e0 Frank en 1912. Cependant, ce n\u2019est que dans l\u2019entre-deux-guerres que la fondation d\u2019associations rassemblant les compatriotes dispers\u00e9s \u00e0 travers le Canada devint massive. Parmi la trentaine d\u2019organisations de compatriotes, les plus importantes \u00e9taient le Club culturel tch\u00e9coslovaque de Toronto et la Soci\u00e9t\u00e9 de gymnastique Sokol de Winnipeg. Cependant, une organisation influente, la Ligue slovaque canadienne, fut \u00e9galement fond\u00e9e \u00e0 Winnipeg au milieu des ann\u00e9es 1930 et d\u00e9fendit d\u00e8s le d\u00e9but l\u2019id\u00e9e d\u2019une Slovaquie ind\u00e9pendante. \u00c9tant donn\u00e9 que la communication et la coop\u00e9ration entre les compatriotes \u00e9taient extr\u00eamement difficiles en raison de l\u2019immensit\u00e9 du pays, la presse tch\u00e8que et slovaque joua un r\u00f4le crucial. \u00c0 Montr\u00e9al, le journal hebdomadaire Kanadsk\u00e9 noviny, tir\u00e9 \u00e0 5 000 exemplaires, fut publi\u00e9 \u00e0 partir de 1929, mais dut cesser apr\u00e8s la r\u00e9v\u00e9lation de malversations financi\u00e8res de son \u00e9diteur. Le r\u00f4le de journal central des compatriotes fut alors repris pour une p\u00e9riode relativement longue (1934-1948) par Nov\u00e1 Vlas\u0165, publi\u00e9 par la Soci\u00e9t\u00e9 tch\u00e9coslovaque des journalistes sous la direction de Martin Dud\u00e1k et, au d\u00e9but, \u00e9galement de Stano Zuber. Les communistes slovaques publi\u00e8rent de 1936 \u00e0 1940 Hlas \u013eudu et, \u00e0 partir de 1941, jusqu\u2019\u00e0 la chute du communisme en Tch\u00e9coslovaquie, \u013dudov\u00e9 zvesti.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Un facteur important de coh\u00e9sion dans la communaut\u00e9 des compatriotes au Canada, qui \u00e9tait divis\u00e9e dans les ann\u00e9es 1920 et 1930 par des rivalit\u00e9s et des int\u00e9r\u00eats locaux, fut la d\u00e9fense de la Tch\u00e9coslovaquie face \u00e0 la menace du r\u00e9gime nazi et, apr\u00e8s la destruction de la R\u00e9publique, le soutien \u00e0 son r\u00e9tablissement et \u00e0 sa lib\u00e9ration. Le centre de ces efforts \u00e9tait notamment Montr\u00e9al, o\u00f9, par exemple, une grande assembl\u00e9e de soutien \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat tch\u00e9coslovaque eut lieu le 27 mars 1938 et o\u00f9 fut fond\u00e9 le Comit\u00e9 pour la d\u00e9fense de la Tch\u00e9coslovaquie, qui organisa des collectes de fonds aupr\u00e8s des compatriotes pour le Fonds de d\u00e9fense. D\u2019autres actions de solidarit\u00e9 avec le pays d\u2019origine, qui culmin\u00e8rent au moment de la crise de Munich, eurent lieu \u00e0 divers endroits en Ontario (notamment \u00e0 Toronto, Hamilton, Sarnia sur le lac Huron, Windsor \u2013 tout pr\u00e8s de la ville am\u00e9ricaine de D\u00e9troit \u2013 et aux chutes du Niagara).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Apr\u00e8s la dislocation de la Tch\u00e9coslovaquie et l\u2019occupation nazie en mars 1939, le mouvement des compatriotes canadiens connut un processus de cristallisation et d\u2019unification, qui culmina en 1940 avec la fusion de deux organisations r\u00e9cemment cr\u00e9\u00e9es, l\u2019Association nationale tch\u00e9coslovaque au Canada de Montr\u00e9al et l\u2019Association des Tch\u00e8ques, Slovaques et Ruth\u00e8nes carpatiques de Toronto, en une nouvelle organisation appel\u00e9e l\u2019Association nationale tch\u00e9coslovaque au Canada. Cette association soutint sans \u00e9quivoque la r\u00e9sistance tch\u00e9coslovaque \u00e0 l\u2019\u00e9tranger (seule la Ligue slovaque canadienne s\u2019y opposa fermement), chercha syst\u00e9matiquement \u00e0 obtenir le soutien de la soci\u00e9t\u00e9 canadienne, \u00e0 aider les r\u00e9fugi\u00e9s tch\u00e9coslovaques arrivant au Canada et \u00e0 organiser le recrutement de volontaires pour les unit\u00e9s militaires tch\u00e9coslovaques. Pendant la guerre, elle organisa de nombreuses actions de propagande et joua un r\u00f4le important dans l\u2019organisation des visites de personnalit\u00e9s tch\u00e9coslovaques importantes (le ministre du gouvernement en exil Jan Masaryk, le s\u00e9nateur Vojta Bene\u0161, le th\u00e9ologien protestant J. L. Hrom\u00e1dka). L\u2019int\u00e9r\u00eat pour l\u2019effort de lib\u00e9ration tch\u00e9coslovaque fut \u00e9galement maintenu par les membres de la mission militaire tch\u00e9coslovaque permanente \u00e0 Ottawa. Les compatriotes canadiens particip\u00e8rent activement \u00e0 la collecte de fonds pour la reconstruction de la Tch\u00e9coslovaquie lib\u00e9r\u00e9e. Il convient \u00e9galement de rappeler que les pilotes des escadrilles tch\u00e9coslovaques en Grande-Bretagne s\u2019entra\u00een\u00e8rent dans des camps de formation canadiens.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Bien que les Tch\u00e8ques et les Slovaques ne forment pas un grand groupe ethnique au Canada et que peu d\u2019entre eux (environ 15 % du total) participent activement aux associations de compatriotes, leur contribution \u00e0 la vie canadienne, notamment dans le domaine \u00e9conomique et culturel, est significative. Une partie int\u00e9grante de l\u2019exil tch\u00e9coslovaque est \u00e9galement constitu\u00e9e par les Juifs d\u2019origine tch\u00e8que, les Allemands des Sud\u00e8tes, les Tch\u00e8ques de Volhynie, les Ruth\u00e8nes carpatiques et, plus r\u00e9cemment, les Roms, dont environ 1 200 sont arriv\u00e9s au Canada rien qu\u2019en 1997.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Personne ne sait exactement qui fut le premier Tch\u00e8que \u00e0 poser le pied sur le sol du Canada actuel. Les liens entre les terres tch\u00e8ques et le Canada remontent \u00e0 loin. 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